Amazonie : Un équilibre fragile

L’Amazonie, Enfer vert, ou Paradis, tout dépend de l’attitude du visiteur.

Surprenante, envahissante, exubérante, la forêt amazonienne peut être étouffante et angoissante. Mais pour qui sait vibrer en harmonie avec ce joyau irisée, elle est une amie magnifique aux dix mille sensations.

"Vamos al rio, ahora ! ", nous lance un petit d’à peine 7 ans. Nous finirons donc, pour notre plus grand bonheur, dans la rivière qui coule en contrebas" Estas mejor que Zidane ! " Cela fait 2 jours que nous sommes aux portes de la forêt primaire et nous voilà en train de disputer un match de foot dans un décor irréel sur un terrain encerclé par une végétation impressionnante.

L’invitation a été lancée 5 minutes plus tôt par le maître d’école et les élèves de cette petite communauté, qui veulent se confronter aux champions du monde 98.

Après plus de 2 heures de courses effrénées, sous un soleil de plomb d’abord , puis sous une pluie tropicale à peine rafraîchissante, le bilan est enthousiasmant : glissades dans la boue, rigolades, et une dizaine de buts marqués. "Vamos al rio, ahora ! ", nous lance un petit d’à peine 7 ans. Nous finirons donc, pour notre plus grand bonheur, dans la rivière qui coule en contrebas, de l’eau jusqu’aux épaules, Thierry retrouvant son âme d’enfant.

Avec ses 90% d’humidité et sa chaleur tropicale, l’Amazonie est une épreuve pour notre corps d’occidental peu habitué à ce genre de climat. La moiteur, ici, est partout. Et c’est bien cela que nous voulions découvrir.

L’avant-veille nous sommes partis de la ville de Téna. Après 2 heures de routes et de pistes empierrées, nous arrivons à destination et sommes installés dans un lodge au confort moyen où tarentules, cafards et autres insectes prennent possession des lieux le soir venu. Nous avons cette impression bizarre que tout bouge dans la chambre. Et pas une moustiquaire sous la main ! Je finis par lâcher, un peu palot. : " Il faut que je trouve une solution, je ne vais pas pouvoir dormir là " Je me retrouve, dix minutes plus tard, en train de monter la tente au milieu de la pièce. Pathétique ...

Une surprenante cathédrale de verdure

La forêt est leur garde-manger, leur pharmacie, leur matière première pour la confection d’objets et d’outils en tout genre.C’est au petit matin, que nous partons à la découverte de cette surprenante cathédrale de verdure ou nous flirtons avec l’aspect le plus sauvage de la nature végétale.

Accompagnés de Sandro, nous partons à la découverte des richesses de cet espace préservé : les fourmis au goût citronné que l’on déniche dans la branche d’un arbre, avant de les happer goulûment, la liane qui nous offre son eau à boire.

" Ici, si tu te perds et que tu luttes contre la nature, c’est la mort assurée. Par contre, si tu l’acceptes, et que tu la respectes, tu t’en sortiras ", nous assure Sandro en nous montrant l’arbre "talkie-walkie" sur lequel on tape avec la machette pour se faire entendre d’un ami qui s’est un peu trop éloigné.

On trouve toutes sortes de plantes, de fleurs, d’écorces aux propriétés bien connues des indiens. La forêt est leur garde-manger, leur pharmacie, leur matière première pour la confection d’objets et d’outils en tout genre.

Besoin d’un couteau ? Pas de problème, une feuille d’une dureté surprenante permet d’en improviser un rapidement. Besoin d’un sac à dos ? Pas de souci, une plante "géante" fera très bien l’affaire. Tressée bien habilement, elle prend la forme d’un petit sac à dos bien costaud en moins de 5 minutes.

Mais la vie n’est pas toute rose. Certaines communautés indiennes vivent sur des terres exploitées par des compagnies pétrolières et reçoivent une rente en compensation de cette exploitation. De ce fait, certains jeunes indiens, n’ayant pas le besoin de travailler, s’adonnent à la production et consommation de chicha(boisson alcoolisée préparée à base de maïs ou de manioc). "Les conséquences sont désastreuses" nous avoue Sandro. L’exploitation pétrolière a déjà fait de nombreux dégâts environnementaux et sanitaires en Amazonie équatorienne.

Le gouvernement équatorien a proposé à la communauté internationale la non-exploitation du pétrole du parc national de Yasuni pour notamment conserver la biodiversité et protéger les peuples indigènes, moyennant une compensation financière.

"Il va falloir agir, et vite", nous lance Sandro, avant de nous donner les clés de sa vieille Mitshubishi qui nous emmènera quelques kilomètres plus loin sur les rives du Rio Napo pour entamer la deuxième partie de ballon en moins de 48heures.

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