Mots clé associés : Trek Islande Photographie
Nous avons passé 12 jours en Islande avec mon amie et nous avions décidé de diviser le séjour en deux parties avec, dans un premier temps, le trek du « Laugavegur » sur 4 jours, et ensuite une location de voiture pour accéder à des lieux magiques que j’avais repérés auparavant...
Concernant le trek, nous voulions le faire en autonomie, sous la tente. J’avais lu quelques conseils sur le matériel à avoir pour être serein. Un bon équipement me semble important pour ce type de climat rude et parfois imprévisible, ne serais-ce que pour se rassurer, car je suis quelqu’un de malheureusement très anxieux à la base.
Je pouvais imaginer une procession des grands anciens ou un monstre informe d’outre-espace gambadant frénétiquement dans les steppes… Des mélodies atonales et déstructurées parcouraient sans cesse mon esprit !!
L’anxiété devenait d’ailleurs assez forte quand nous sommes arrivés en bus au départ du trek à Landmannalaugar. Le ciel sombre, le paysage à la fois magnifique et effrayant. Le personnel du refuge vérifie notre équipement et ne laisse pas partir ceux qui sont mal équipés, indiquant que beaucoup de neige est présente sur le parcours et que la météo peut devenir dangereuse. On a même hésité à le faire, d’ailleurs. Nous avons rencontré un jeune israélien qui partait faire le trek tout seul et il semblait dans la même peur que nous, on a donc fait la route ensemble. A la fin du mois de juin, il n’y a pas encore trop de touristes et il reste beaucoup de neige à certains endroits. Il est difficile de décrire à quel point le décor est incroyable, au-delà du fait que c’était très original et beau à observer, l’ambiance me replongeait dans mes influences littéraires et musicales. Comment ne pas penser aux étendues cyclopéennes des montagnes hallucinées (HP . Lovecraft). Je pouvais imaginer une procession des grands anciens ou un monstre informe d’outre-espace gambadant frénétiquement dans les steppes… Des mélodies atonales et déstructurées parcouraient sans cesse mon esprit !!

Imaginez qu’on débute dans des vallonnements multi teinte - ocre jaune beige, bleutés. On monte dans un dédale de lave pétrifiée recouvert de mousse extrêmement épaisse. Tout ça mélangé à des fumées odorantes qui sortent du sol un peu partout… Nous sommes ensuite arrivés à l’altitude des nuages, ce qui donnait une impression de flottement très abstraite, vu que le sol sans neige était mou et fumant, parfois percé de cavernes de glace. Puis le chemin redescend sur une vallée immense, vide à perte de vue, avec des monts de cendres noires recouverts de mousses d’un vert puissant. Ensuite, c’est le désert, puis des gorges apocalyptiques, des rivières à traverser et même une étrange forêt à Thorsmork.
Le trek se fait ordinairement sur 4 jours, nous sommes arrivés très en avance à la seconde étape à Alfavatn, le soleil encore si haut et l’annonce d’une météo complexe pour bientôt nous a fait décider d’enchainer jusqu’à la prochaine. Ce qui théoriquement allait nous amener tard le soir au campement, pour un total de 35 km dans la journée ! Un peu ambitieux, probablement, avec un sac de 20 kg... Tout c’est très bien passé si ce n’est que nous commencions à être dans un état second, vraiment très étrange, sorte d’ivresse absurde, on arrêtait pas de rigoler. J’avais des sortes d’hallucinations vraiment particulières tellement j’étais épuisé ! On marchait dans le désert immense vers 22h avec encore le soleil très haut, on ne comprenait plus rien… Mais dans un sens, cet état de fatigue, le paysage, le soleil à une heure si tardive, le tout participait à cette ambiance complètement irréelle et magique. Nous sommes parti le matin à 10h pour arriver au campement à 23h50.
J’ai tenté de retranscrire ces lieux avec ma vision, dans mes photographies. J’avais aussi pour mission de ramener des images pour un film, il fallait que tout soit en haute qualité, je courais partout avec mon trépied. Le troisième jour, alors que la fatigue était apparemment à son apogée, quand j’ai vu l’immense glacier avec la lumière du soir apparaître, j’ai couru au sommet de la colline pour faire encore des images. Je ne sais pas d’où vient cette énergie. Mais j’ai ainsi eu la preuve que l’on possède des ressources immense, lorsque l’on reste profondément inspiré. C’est dans ces moments que l’on se sent vraiment vivre…L’énergie islandaise restera un immense souvenir, toujours.

J’ai trouvé l’envie d’une nouvelle inspiration photographique sur des terres qui m’apparaissaient comme vraiment fascinantes. Une fois que j’ai compris que c’était finalement assez accessible depuis la France, j’air rapidement commencé l’organisation.
Lors de mes recherches préparatoires, je passe beaucoup de temps à analyser les lieux et à regarder des images pour me rendre compte et observer la structure du terrain, les distances… sur Google Earth par exemple, pour tenter de définir comment je vais procéder sur place avec la photo et surtout, la localisation des endroits d’inspiration photographique. Je savais assez bien à quoi m’attendre, avant le départ. J’adore préparer de cette façon car dans un sens on est déjà dans le voyage et on se réjouit beaucoup en le faisant. Mais à l’inverse, ça anéanti un peu les effets de surprise. Malgré ça, dès l’arrivé en Islande, j’ai vraiment été transporté dans une ambiance particulière.
A Reykjavik, moi qui ai vraiment de la peine avec la ville en général et surtout lorsqu’on sent une insécurité avec des gens bizarres partout, là-bas j’ai été agréablement surpris, j’ai eu une sensation assez épurée, légère et très agréable. L’impression d’une population discrète et respectueuse, bien en place.… Et j’ai eu beaucoup d’indices qui m’ont fait penser que c’était plus adapté à mon tempérament ; la musique dans certains lieux, la sensation intimiste et vaste en même temps... Et, c’est peut être un détail mais, on voit des affiches de publicité de partout pour la marque ‘66° north’ avec comme images d’accroche des photos particulièrement puissantes, ciels très sombres, contrastés, presque inquiétants mais beaux et avec beaucoup de caractère. Disons que ça change de cette mélasse informe, superficielle, que l’on voit toujours dans les médias en France.
C’est peut être le fait d’avoir été sur place fin juin, au moment où le soleil ne se couche jamais vraiment, qui a participé à cette étrange atmosphère sereine. C’est réellement surprenant de sortir d’un restaurant le soir vers 23h et de voir encore tout le monde dehors éclairé par le soleil, dans une ambiance de fin d’après midi ! C’est l’idéal pour le photographe débutant, car la lumière magique dure des heures... On a enfin le temps de composer une image.
Une fois à l’intérieur des terres, mon esprit à commencé à se sentir vraiment concerné, et, disons le complètement transcendé ! J’y ai trouvé une profonde inspiration autant pour des images que tout ce qui peut être créatif. C’est bien simple, je n’avais vu se développer une énergie si grande en moi.
Quelques conseils pour les futurs voyageurs en Islande ?
Je conseillle fin juin, début juillet pour un peu moins de pluie et la lumière infinie. Ou mi-septembre, pour les aurores boréales, la solitude totale et des couleurs encore plus folles à certains endroits. Le trek est inoubliable et extrêmement varié. Je conseille aussi la zone de Skaftafel et Jokulsarlon ainsi que l’idée d’accéder aux lieux touristiques aux heures tardives, fin juin il fera encore jour à minuit, et il n’y aura plus personne !
Stages photo d’Alexandre Deschaumes
J’aime vraiment cette idée de transmettre ma passion, cette quête de beauté à travers la photographie dans la nature. J’organise des stages photos, habituellement dans les Alpes, en partenariat avec Olivier Bidot, guide de haute montagne.
Au-delà des techniques de base en photographie, ces stages permettent d’expliquer mes visions plus personnelles : comment aller plus loin pour la recherche du bon point de vue, comment trouver une composition artistique dans la nature. Et aussi un travail en détail sur l’image en RAW et le traitement avancé sous Photoshop. Cette année, après notre séjour en Islande mi-septembre, nous avons décidé d’organiser un stage photo en Islande pour fin juin 2011.
Au programme
• 10 jours d’immersion totale dans un univers extraordinairement inspirant.
• Apprentissage de toutes mes techniques de prise de vue en paysage.
• Filtre dégradés, lumières dramatiques, poses longues, mouvements, composition artistique.
• Analyse et cours sur le traitement d’image avancé au cours du séjour sur ordinateur portable.
• un trek de 4 jours dans un décor surréaliste, surprenant et varié.
• Découverte des lieux inédits de l’Islande (Skaftafel, Jokulsarlon, SkogarFoss, Landmannalaugar, Thorsmork)
• Une journée sur le glacier "Vatnajokull" parsemé d’immenses crevasses.
Mon travail : http://www.alexandredeschaumes.com


