Kayak en Ouganda sur le Nil Blanc

Une aventure sportive et d’amitié ponctuée par de formidables rencontres

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Cinq kayakistes de haut vol vont se confronter pendant deux mois aux tumultueuses eaux du Nil Blanc. Une aventure sportive et d'amitié pontuée par de formidables rencontres dans ce petit pays d'Afrique de l'Est. " Le plus difficile était de prendre ma respiration lorsque j'avais la tête hors de l'eau car le mouvement d'eau me captait continuellement au fond. J'ai dû ensuite sortir de mon kayak car je ne pouvais plus respirer et le courant venait de m'arracher la pagaie des mains "

Le plus important c’est de garder son calme, et d"éviter de sortir du kayak. Un homme à la nage dans le Nil Blanc peut se faire entraîner au fond et ne jamais remonter !Ce moment, interminable, est désormais indélébile dans les souvenirs de Léo : J’étais épuisé et je n’avais plus de souffle. Quand j’ai senti la corde tomber sur ma tête, je l’ai attrapée et je me suis senti tiré. Je ne pourrais jamais assez remercier Jo et Mat car sans eux je ne serais plus ici aujourd’hui .

Avec quatre membres du club breton de kayak freestyle Dabeblech’ Kayaking, Léo est parti se frotter aux dangereux remous du Nil Blanc.

Pendant deux mois, ils ont parcouru les berges de la rivière tumultueuse, à califourchon sur des Boda-Boda- des mobylettes pétaradantes-, ou à bord de vieux trucks roulant sur des pistes de terre défoncées et glissantes, à la recherche des meilleurs spots.

L’aventure commence au sortir du Lac Victoria, sur les Bujagali Falls. Un volume d’eau très impressionnant, une puissance bien réelle, un bruit assourdissant : "Le plus important, livre un membre de l’équipe, c’est de garder son calme, et d"éviter de sortir du kayak. Un homme à la nage dans le Nil Blanc peut se faire entraîner au fond et ne jamais remonter !"

Pendant 4 à 5 heures par jour, ils enchaînent les figures au sommet des vagues, évitent les pièges de la rivière, trous d’eau et siphons, et se font quelques frayeurs : " Sur la vague, on se sent comme sur un coussin d’air, l’eau file très vite sous l’embarcation. Une faute de quart, et on est happé par les milliers de mètres cubes d’eau, pour être recraché une bonne dizaine de mètres en contrebas " Sur la berge, à l’abri des dangers de la rivière, un photographe membre de l’expédition immortalise l’instant.

Plus au sud, ils découvrent Malalu, un autre rapide à gros bouillon. Pour tous, ce voyage sur les rives du Nil Blanc est aussi l’occasion de découvrir la flore et la faune : oiseaux de toutes les couleurs, petits serpents, singes, plantes et fleurs exotiques qui rendent les descentes en kayak magnifiques. Pendant leurs navigations, ils croisent des agriculteurs en train de récolter des ananas ou des fruits de la passion, des pêcheurs remontant leurs filets, des femmes qui lavent le linge dans la rivière et des enfants qui collectent de l’eau dans des jerricans. " Tout ça sous un soleil radieux et un ciel bleu, on avait enfin trouvé notre paradis ! ", s’enthousiaste l’équipe.

Dans les villages qu’ils traversent en Boda-Boda, les enfants s’étonnent de leurs curieux accoutrements -casques, gilets, pince-nez -.

Au fur et à mesure des semaines, les kayakistes prennent confiance et parviennent à maîtriser les humeurs de la rivière. Les figures prennent de l’amplitude, les sensations deviennent " inimaginables : en partant du haut de la vague, on prend une vitesse incroyable. Il suffit ensuite d’un rebond pour faire vriller le kayak dans les airs, sans toucher l’eau, avant de retomber droit dans la vague ".

Un projet de barrage hydraulique est prévu d’ici 1 an à Jinja, la deuxième plus grande ville d’Ouganda, à quelques centaines de mètres de l’endroit où l’eau sort du lac Victoria. Si les kayakistes ne pourront plus exécuter leurs acrobaties aériennes, le barrage assurera un approvisionnement régulier d’électricité à Jinja et permettra le développement du pays et ses 30 millions d’habitants.

Pour en savoir plus sur le kayal freestyle et l’association : www.dkayaking.net

Retrouvez cet article dans Atacamag n°0

  • Kayak en Ouganda sur le Nil Blanc 22 avril 2008 23:54, par sweetginger

    bonjour,
    ayant pratiquée le kayak pendant pas mal d´années,(mais l´ayant délaissé)je ne connaissais pas cette discipline de freestyle ,et je suis vraiment impressionée,par l´engagement,la technique,et la maîtrise du bateau et de l´environnement....bravo,pour cet "exploit" et la démarche qui va avec.

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