Le Speedriding, la nouvelle discipline des fondus de la glisse

Reportage aux Arcs sur cette nouvelle manière de s’envoyer en l’air

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Le Speedriding, mélange de ski et de parapente, a débarqué sur les pentes des Alpes voici quelques années. Coup de projecteur sur cette nouvelle manière de s’envoyer en l’air.

On a trouvé un bon compromis entre portance et rapidité. Aujourd’hui, le speedriding permet de skier et de voler quand on le souhaite. On maîtrise réellement sa descenteToujours plus vite, toujours plus radical. Le speedriding, nouveau né des sports extrêmes, révolutionne la pratique de deux sports : le vol libre et le ski freeride. Sur la pente école de la Speedriding School, dans la station savoyarde des Arcs, en Savoie, les amateurs de sensations fortes s’essayent à cette nouvelle pratique. Skis au pied, ils partent droit dans la pente et tentent de garder la mini-voile au-dessus de leur tête. Virage à droite, à gauche, décollage d’un ou deux mètres, dès les premières descentes ils ont l’air de bien maîtriser la glisse.

François Bon est l’un des précurseurs et meilleurs riders de la discipline. Je le rencontre sur la terrasse d’un restaurant d’altitude des Arcs. « Tout est parti de la volonté de voler avec des voiles plus petites. Plus rapides, plus maniables, plus nerveuses. C’est ce qu’on recherchait. Au début, on a bidouillé des voiles dans notre coin, en se basant sur les voiles de parapente et celles de kitesurf. On testait nos prototypes l’été, en montagne ou sur la grande dune du Pilat, en Gironde.

Un sport de fêlés ?

"C’est vrai qu’au début, on nous prenait pour des fêlés, admet François. Voir quelqu’un descendre une pente très raide et s’envoler au-dessus des barres rocheuses, ça paraissait complètement dingue"Finalement, on a trouvé un bon compromis entre portance et rapidité. Aujourd’hui, le speedriding permet de skier et de voler quand on le souhaite. On maîtrise réellement sa descente ». François n’en est pas à son coup d’essai dans le milieu de la glisse et du vol libre. Aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours skié. Il pratique le parapente depuis 12 ans. Depuis 2000, il occupe le poste de développeur, de « metteur au point », comme il le dit lui-même, dans plusieurs entreprises de conceptions de voiles pour parapente et kitesurf. Flying Planet, Aerodyne et aujourd’hui GIN Gliders, une marque coréenne pour laquelle il est responsable, de la conception jusqu’au marketing, des mini-voiles. Celles utilisés pour le speedriding.

« C’est vrai qu’au début, on nous prenait pour des fêlés, admet François. Voir quelqu’un descendre une pente très raide et s’envoler au-dessus des barres rocheuses, ça paraissait complètement dingue. Dangereux, aussi. Mais le côté spectaculaire et esthétique du speedriding a capté l’attention. Entre 2005 et 2007, on a assisté à un véritable boom médiatique. Des personnes venues du monde du parapente, du ski, et même des débutants dans les deux disciplines ont testé les voiles. Le speedriding est vite apparu comme une discipline abordable par tous. Depuis 2007, le Speedriding est une activité officielle, gérée par la FFVL, la Fédération Française de Vol Libre. L’activité s’est structurée et on compte aujourd’hui près de 4000 licenciés en France ! ».

Suisse, Italie, Nouvelle-Zélande, Chili et Etats-Unis figurent parmi les pays où le speedriding est pratiqué. Mais la France peut se prévaloir des meilleures écoles d’apprentissage. A Valfréjus –en Maurienne, Savoie - comme aux Arcs – en Tarentaise, Savoie, des écoles de Speedriding ont ouvert leurs portes et accueillent les amateurs de sensations fortes –voir vidéo.

Preuve de l’engouement provoqué par la discipline : la « Speedflying Pro Les Arcs », dont la première édition a été organisée en 2007. Aux Arcs, comme son nom l’indique. A l’organisation, on retrouve François Bon, fier papa de l’évènement. « C’est un moment fort, très important pour la discipline. La fluidité des vols et du ski freeride, la difficulté technique, l’esthétique, le choix des trajectoires, tout compte pour la note finale attribuée par le jury. » En 2010, pour la quatrième session, les plus grands speedriders de la planète se sont retrouvés sur les pentes de la station de Tarentaise pour 4 jours de show et de compétition. Vainqueur, Antoine Montant, numéro 1 mondial du speedriding depuis 3 ans. François, lui, termine juste derrière. Qu’importe. Son truc à lui, en plus de la compétition et de la recherche constante d’innovation du matériel de speedriding, c’est l’ouverture de voies sur les plus hautes montagnes de la planète. En 2005, il s’offre le Mont-Blanc du Tacul, en 2006 le Mont-Blanc par la face Nord - plus grande dénivelée jamais atteinte en Speedriding – plus de 3000 mètres- , l’Eiger en 2007, et l’Aconcagua en 2008. Pour cette descente mythique, il lui aura fallu marcher pendant treize jours, pour 4 minutes 30 de glisse ! Dernièrement, il s’est même offert les Grandes Jorasses avec son ami Antoine Montant. C’est sûr, le speedriding donne des ailes.

Par Pierre Gouyou Beauchamps

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