Mots clé associés : Montagne Alpinisme Duvet Sac de couchage
Le choix d'un sac de couchage est toujours stratégique en montagne, et bien souvent difficile, pour qui cherche à allier confort, légèreté et coût raisonnable. Nous avons voulu tester le Swing 900 de Valandré.
On l’a vu, la plume et les fibres synthétiques qui remplissent les duvets de montagne ont chacun leurs avantages ;
confort, compressibilité et légèreté pour la plume,
résistance aux ambiances humides et coût moindre pour le synthétique.
Pour ceux qui randonnent en autonomie, ou pour qui le poids est un facteur à maîtriser en priorité, il est évident que l’intérêt va se porter sur les garnissages en plume.
Parce qu’ils sont légers et prennent le minimum de place dans le sac à dos, les sacs en duvet sont, à preuve du contraire, destinés aux alpinistes, à tous ceux qui s’engagent dans des parcours exposés, dans des conditions rudes, et qui portent tout eux-mêmes.
Mais ces duvets sont chers ! deux fois plus chers que les sacs de couchage synthétique, si je peux me permettre de généraliser.
Alors, est-on obligé d’emmener 2 kg de fibres synthétiques, si l’on ne peut s’offrir la compressibilité du duvet ? Ou existe t-il une solution budgétaire intermédiaire ?
Dans mes efforts de recherche des meilleurs sacs de couchage 3/4 saisons, c’est à dire pour une plage d’utilisation la plus large possible mais qui garantisse un niveau de sécurité adapté à la majeure partie des ambiances hivernales dans nos contrées, j’ai choisi de m’intéresser à un sac de couchage en duvet, bien moins cher que les ténors, mais qui accepte une utilisation poussée en ambiance froide.
Caractéristiques techniques du fabricant
le duvet de canard est mondialement reconnu, issu de la filière française et purifié à 90/10. Il s’agit d’une qualité d’une maturité exemplaire avec des flocons bien développés et qui, par cet aspect, peut largement concurrencer des qualités d’oie industrielles de provenance d’Asie voir d’Europe de l’est où la question de la maturité de l’emplumement est secondaire.
Taille :
S : 170/200 cm
M : 185/215 cm
L : 200/230 cm
Tissu : Asahi Kasei : Ext. Impact 66 acrylic Poyamide Rip-Stop WR / Int. Impact Razilus Polyester DWR eco
Poids duvet : 900 g.
Circonférence : 168/145/103 cm
Poids volume compressé : 12 litres
Température confort : -7°C (Limite EN 13537)
Prix constaté en fev 2011 : de 280 à 290€

Un sac qui permet beaucoup de choses et qui demeure 100 à 150€ moins cher que ses petits camarades en duvet haut de gamme.
Quel peut en être la raison ? ... La nature du duvet. Il s’agit là de duvet de canard, moins cher que le duvet d’oie.
Selon Valandré, un duvet de canard de qualité peut se révéler supérieur à des duvets d’oie de 2° choix ou mal conditionnés. Ce n’est donc pas forcément un produit de deuxième classe, même si le gonflant (filling power) n’accèdera pas aux dimensions (800+) du duvet d’oie des Pyrénées. Pour le duvet de canard Valandré, le filling power est de 650+ cu in (norme UE) c’est déjà pas si mal !
Voyons maintenant si le duvet de Saturnin est à retenir pour nos bivouacs 3/4 saisons ...
Conditions du test
Le Swing 900 c’est l’évolution du Classic 900, qui a été revu et corrigé pour obtenir une forme plus anatomique type Shocking Blue, plus large aux épaules, rétréci et en forme trapézoïdale aux pieds.
J’ai testé ce duvet en été dans le massif des écrins, sur le glacier noir par températures non significatives pour tester ses capacités (-0/-2°C). Il a fallu attendre cet hiver pour que je le mette à l’épreuve en alpinisme hivernal, dans des abris de pierres remplis de neige, des cabanes en plein vent et un bivouac sur une crête exposée plein nord à 2000 m d’altitude.

Avis du testeur et recommandations d’utilisation
Un confort sans reproche :
Très difficile à dire si le gonflant du canard est moins confortable que celui de l’oie grise (voir test Bloody Mary), sincèrement, lorsque l’on est dedans, on retrouve cette douceur enveloppante et cette légèreté bienfaisante.
La nouvelle architecture du duvet permet d’avoir plus de place sur le haut du corps et un espace très calculé au niveau des pieds. Point important pour le haut du corps, cela permet d’envisager le rajout de quelques couches sans souffrir de compression. C’est la capacité d’une plus grande polyvalence. C’est donc un plus au niveau de confort d’utilisation.
Cela permet aussi de dormir avec sa caméra, ses piles, voir son baudrier lorsque ça caille sévère. De plus les réglages sont simples à manœuvrer et efficaces. Les cordons semi-extensibles permettent de sortir plus facilement un bras pour attraper quelque chose, sans avoir à tout rerégler. Les nouveaux tissus japonais, sont très agréables. Vraiment ce n’est pas pour faire le pantin, mais c’est la qualité Valandré.
Isothermie intéressante :
J’ai affronté des températures de -5° à -8°C cet hiver. Avec en pointe une nuit en bivouac sans abri mais avec un sursac très léger où la température minimum n’a pas été mesurée, j’ai noté du -7°C à ma montre vers les 4hoo du matin avec des rafales de vent du nord assez impressionnantes par moments.
J’avais une première peau et un collant en laine Icebreaker (200) et une petite polaire Quechua que j’ai vite enlevée ... et vite remise à 4hoo du mat. Je n’ai jamais mis de bonnet dans ce duvet.
Si je dois faire une synthèse des capacités du Swing 900, je me sens en confiance jusqu’à -8°C au plus froid, bien isolé du sol et vêtu sans excès. Le rajout d’une polaire conséquente, voir d’une doudoune permettra d’aller vers les -10°C voir -15°C selon les constitutions.

Volume et poids :
Là c’est évidemment un peu moins bien que les duvets au FP de 800+, le swing est, disons, 300 g plus lourd à performance équivalente. Donc il faut plus de canard que d’oie pour arriver au mêmes performances. Et voilà !! nous retombons sur nos pieds !! c’est la signification du filling power... :-)
Ceci dit, le fait que le volume de duvet soit supérieur (il y a 900g de duvet de canard contre 620g de duvet d’oie dans le bloody Mary et 564g dans le Lafayette) a pour moi un coté rassurant : il y a de la matière ! Il y a également peut-être aussi une moindre propension à la compression dans le contact avec le matelas.
Bref, à la pesée, j’ai trouvé 1550g en grande taille, avec le sac de compression. Le site du fabricant indique 1377g pour 12 litres en compression, certainement en taille S.
Conclusion, je ne vois sincèrement pas de point négatif à relater. Au demeurant un point neutre : le sac de compression. Sans être mal fichu, cela ne me semble pas encore à la hauteur de la qualité générale des produits Valandré.
A voir aussi sur le web : Conseil pour bien choisir son sac de couchage et duvet


