Test sur sac de bivouac A Guru

l’incroyable légèreté de l’être

Mots clé associés : Montagne Duvet

La marque française "Vertical" a inventé une membrane imperméable et très respirante qui lui permet de produire un sur sac de couchage d'une légèreté incroyable : le "A Guru". Sans savoir si ce patronyme le qualifie de "maître des duvets" ou simplement de "léger", je suis resté interloqué devant les caractéristiques de ce sac : comment une membrane si fine peut-elle protéger un être humain dans la tourmente ?

Données fabricant :

Sursac forme sarcophage sans fermeture pour minimiser le poids, capuche avec cordonnet et coinceur de serrage, livré sous housse de transport.

Coloris (unique) : gris

Poids : 170gr

Prix : 195€ TTC

Dimensions (Taille Unique) : Longueur totale : 220cm

Longueur Pieds / Epaules : 195cm ; Largeur pied : 36cm

Hauteur pied 29cm ; Epaules 75cm.

Composition : MP+ (c) Ripstop Ultralight : 70% Polyester, 30% Polyuréthane

Garantie PLUS / réparation Vertical :

1 an contre les vices de fabrication et malfaçons.

Coutures garanties 1 an. (réparation ou échange à notre appréciation).

Le tissu ne peut pas être garantie en raison d’usure prématurée possible en raison d’usages trop intensifs ou de mauvaise utilisation. En revanche, pour les accrocs, Vertical répare votre produit gratuitement dans le cadre de demandes raisonnables, laissées à notre appréciation.

La vidéo du test


Test sur sac de bivouac A guru par jymets

Au fait, quelle est l’utilité d’un sur sac ?

Porter une tente n’est pas toujours évident. Les plus légères sont autour de 2kg, mais c’est surtout l’encombrement qui devient problématique pour certaines activités. Longues voies d’alpinisme, parcours de chasse exposés, siège d’une paroi, traversée d’arêtes imposent de dormir dehors et avec des moyens réduits. C’est alors que le sur sac devient un élément fondamental : sans lui certains duvets sont inefficaces contre le vent et l’humidité. Avec lui, tout reste possible !

Le sur sac A Guru a été testé durant 4 mois en conditions hivernales et printanières :

- Bivouac à la "cabane" de la Selleta à 2300m, un modeste abri de pierres ouvert aux vents situé sur la face nord de l’Estrop et par des températures très froides en janvier 2011.
- A la cabane du Col à 2050m.
- Au sommet de Grisonnière, une crête plein nord à 2010m en février 2011.
- Au sommet de Lure à 1820m, en mars.
- A Chanabaja à 1900m et sur les rives de la haute Bléone vers 2000m en mai 2011.

Certains de ces bivouacs ont été réalisés après de dures journées : ascensions en raquettes dans des conditions de neige difficiles sur la face nord de l’Estrop avec 50 cm de poudreuse et un sac chargé à bloc ! ; longue traversée de crêtes avec 4 sommets effilés en mai 2011 (Caduc, Mourre Gros, Rougnouse, Tête Noire) avec un engagement et une tension non négligeables dues aux conditions difficiles.

Ce sur sac est d’une incroyable légèreté.

170grammes. Il se range très facilement dans un petit sac et se cale dans un coin du sac à dos. A ce poids là on peut imaginer le prendre dans n’importe quelles conditions comme élément de sécurité, en cas de bivouac improvisé ou lors d’une immobilisation forcée, il pourra constituer une enveloppe protectrice contre le vent et la pluie. Il est également d’une finesse impressionnante. On y voit le jour à travers ! Aussi devra t-on prendre bien soin de ne pas l’exposer aux déchirures.

Pour gagner en légèreté, le fabricant n’a pas mis de zip. On y rentre cependant facilement et le serrage de la capuche est simple. Je préconise de rentrer le duvet vide à l’intérieur du A Guru avant de se coucher car se mettre d’abord dans le duvet et enfiler ensuite le sur sac se révèle sportif au moment d’ajuster les deux capuches.

Trois points fondamentaux ont requis mon attention :

1 la résistance aux vents. C’est un élément fondamental car le vent peut altérer les performances des duvets les plus performants. J’ai donc utilisé un duvet en plumes, sensible au vent, pour le tester sur les crêtes de Grisonnières.

Là, exposé en plein nord, j’ai entendu la toile du A Guru chanter une bonne partie de la nuit sous une bise de 40/50km/h. Ce bruit de voile n’est pas désagréable à la longue, et surtout, le vent ne traverse pas la membrane MP+. A Aucun moment je n’ai ressenti la moindre influence thermique de ce vent glacé. Donc malgré la finesse et la souplesse du sur sac j’ai pu constater une très bonne résistance au vent.

2 - la résistance face à l’humidité et la pluie. Pour ce test, j’ai placé un duvet synthétique dans le sur sac et j’ai déposé l’ensemble sous une averse d’hiver. Le sur sac s’est vu confronté à une pluie de 2 heures, une bonne averse qui vous tremperait jusqu’à l’os en 40mn... Résultat décrit dans la vidéo : le duvet est sec, à peine quelques sensations d’humidité au toucher mais rien de flagrant. L’intérieur du sur sac est lui aussi à peine humide.

J’en conclus que la membrane MP+ a bien joué son rôle. Selon mon expérience l’étanchéité totale et prolongée ne peut s’obtenir qu’avec des matériaux opaques et lourds, des bâches plastiques, des cirées de marine. Mais ils ne sont pas respirants ce qui occasionne une condensation importante et de plus ils sont lourds à transporter.

3 - la respirabilité.

En règle général, la dernière couche utilisée (veste, sur sac) est au contact entre l’air froid de l’extérieur, et la température intérieure chaude, avoisinant celle du corps humain. Il s’en suit un phénomène de condensation qui peut s’avérer négatif pour l’isothermie finale et donc pour la sécurité du dormeur.

Aussi le caractère respirant des tissus de cette dernière couche est-il fondamental.

Imaginez-vous vous réveiller avec un duvet mouillé, non pas à cause de la pluie, mais de la condensation avec le sur sac... C’est non seulement désagréable mais dangereux en conditions difficiles. Et bien j’ai été positivement étonné des performances du sur sac A Guru. Je m’attendais à une membrane respirante occasionnant une condensation minime, mais là c’est zéro condensation ! Le test a été vérifié et revérifié à plusieurs reprises, toujours avec cet excellent résultat.

Évidemment il reste toujours une petite zone proche de l’ouverture où se condense inévitablement l’humidité de l’expiration.

Conclusion :

Ce sur sac tient ses promesses et malgré son prix très élevé je pense que c’est un bon produit pour ceux qui s’adonnent à des activités engagées où le poids et l’encombrement sont des obstacles de premier ordre. En outre il peut constituer un élément de sécurité permanent pour ceux qui peuvent se l’offrir.

- la légèreté : 170 grammes

- la souplesse

- la facilité de rangement

- la performance face au vent

- la performance face à la pluie

- la très bonne respirabilité

il y a des contreparties à cette technicité performante :

- évidemment le prix (195€ en mai 2011) c’est déjà le prix d’un duvet ...

- cette finesse de tissu qui demande des précautions d’utilisation.

  • Test sur sac de bivouac A Guru 15 septembre 2011 12:19

    Félicitations pour ce test , pensez vous que ce sur sac puisse être
    utilise en randonnée côtière , bord de mer , type kayak ou yole ? Ou
    bivouaquer sur les iles ?
    Ou ce procurer ce matériel ?
    Merci de votre réponse , cordialement
    Mp henriet

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