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Cette route pourrait être décrite comme la piste cyclable la plus difficile au monde. L’Alti Plano, terres agricoles à l’ombre de la Grande Cordillère qui accueillirent l’Empire Inca en son temps, s’étend à une altitude relativement élevée, environ 3300 mètres.
A cette altitude, l’oxygène est rare, autant que la végétation, à l’exception des cactus. Les choix pour la nourriture sont donc relativement rares. Paul Kent est titulaire d’un nouveau record mondial, Adam Colton est un célèbre longboardeur connu dans le monde entier, et Aaron Enevoldsen, l’accro des sports extrêmes, écrit l’histoire de cette folle course.
La piste cyclable la plus difficile au monde.
Présentation de l’équipe Adam Colton a skaté à travers les États-Unis, la France et la Nouvelle-Zélande. En temps que longboardeur et filmographe très confirmé, ses vidéos en ligne sur internet, Whirling Dervish et The Loaded Dancer, sont parmi les vidéos de longboard les plus consultées dans le monde. M. Colton est un maître en matière de poussée et de descente. Paul Kent est à peu près pareil, c’est le meilleur Canadien en matière de courses de longue distance poussées. Il a récemment battu le record de distance en skateboard, 400 kilomètres en 24 heures. Depuis 4 ans, il a été formé dans les opérations secrètes et d’espionnage avec les militaires. Il a une capacité exceptionnelle à pousser et à aller au-dessus de ses limites physiques et mentales. Enfin, moi je faisais du longboard depuis 8 mois quand j’ai du arrêter pour une fracture du pied, de laquelle je viens juste de me remettre. Ma carrière sportive a débuté avec une course tout-terrain appelée Dirtsurfer.
Paul et moi voyageons sur les côtés du désert de Lima, au Pérou, sans billet de retour et avec 1200 dollars en poche. Les pulsations de nos cœurs battent avec une telle anxiété… comme si notre sang voulait se renouveler trop vite.
Paul et moi sommes effrayés. Deux jolies demoiselles se rapprochent de nous dans le terminal de l’aéroport et nous demandent si nous sommes les deux gars qui skatent a travers le Pérou. Nous nous regardons avec étonnement, en pensant que nous venions d’atteindre la célébrité au Pérou sans même essayer. Non, en fait c’est la sœur d’Adam Colton Deanna, et sa bonne amie, Erica. Elles sont en vacances et attendent Adam qui arrive une heure après nous.
Erica, une citoyenne péruvienne très gentille, nous fait savoir qu’il est fort possible que nous nous fassions dévaliser, renverser par une voiture, ou encore kidnapper contre rançon. C’était exactement ce que nous avions entendu de nos amis canadiens, sauf que là, ça vient d’une personne qui habite ici. Néanmoins, trois jours plus tard, Paul, Adam et moi jetons nos longboards en direction de la route Panaméricaine. Notre objectif final : quelque part en Bolivie.
1ère étape : Lima – Nazca
Entre Lima et Nazca nous aurons notre premier goût amer du voyage. Nous nous asseyons seulement pour cuisiner. Notre régime alimentaire est composé de 50% de cookies, 30% de fruits tropicaux, et 20% de boissons gazeuses avec du pain. Nous skatons à travers le désert le plus sec au monde.
Juste à l’extérieur de Nazca, nous abordons deux petits hommes moustachus. Ils sourient et marmonnent "Gringos !" l’un a l’autre. Immédiatement, nous leur disons que nous sommes en voyage en longboard, de Lima à Nazca 482 kilomètres en six jours et nous avons besoin d’un endroit pour dormir. "Skateboard ?" Tout excité, l’agriculteur se rue dans son champ et cueille une pastèque énorme. Nous la partageons en 5. Nous essayons de converser en espagnol tout en crachant des graines noires. Quelle belle nuit ... Le lendemain matin, nous sommes partis sur un tout nouveau défi : la Cordillère des Andes.
2 ème étape : Nazca – Cusco

J’attends à l’hôpital de Puquio avec mon dictionnaire espagnol-anglais en regardant comment dire « assurance » et « tomber de skateboard ». Quelque peu négligé par les infirmières et les médecins, je suis assis là avec une ouverture au coude de 2,5 cm de profondeur. La route s’est transformée de terre en boue. J’ai mangé les rochers en tentant d’esquiver un couple de personnes âgées bloquant le côté lisse de la route. Après le traitement de premier secours par Paul, j’ai sauté dans un took-took -voiture à 3 roues, hors de la route pour 3 km, et payé mes 30 centimes pour aller à l’hôpital de la ville. J’étais épuisé. 3 jours auparavant, j’étais brûlé au second degré sur ma poitrine avec les coups de soleil et maintenant je me sens vraiment au bout du rouleau… Finalement, j’obtiens l’attention d’un médecin qui jette un œil sur ma blessure. Il demande ce que j’ai fait et je lui dis "accidente con patineta des Etats Unis." Il semble inquiet, il sort un plateau avec un chiffon, il enlève mon t-shirt, regarde avec attention des ciseaux bien aiguisés, un scalpel et des pinces à agrafes. Mon cœur s’emballe car je n’ai aucune idée de ce qu’il va utiliser, et je ne sais pas demander en espagnol si on me fait des points de sutures, si on m’enlève la peau ou quoi que ce soit. Il stérilise toute ma blessure, heureusement !
Passage d’un col à plus de 5000 mètres
Nous reprenons la route. Le plus haut col que nous franchissons s’élève à 5480 m (presque la moitié du mont Everest). Cette altitude nous laisse à bout de souffle. Nous espérons atteindre le sommet et descendre à une altitude inférieure avant la nuit. Sinon, nous devrons endurer un froid glacial toute la nuit, sans sommeil car nous avons des difficultés à respirer.Nos tentes sont de plus en plus givrées sur le sol gelé. Nous espérons avoir assez de nourriture et d’eau pour aller jusqu’à la prochaine ville et trouver un magasin. Vive le voyage en autonomie. Tous nos équipements de survie sont sur notre dos, et nous les porterons tous les jours pendant deux mois. Les options pour la nourriture sont vraiment réduites, des restaurants et des caves de maisons avec de la boue sur le plancher en terre battue, et une table.
Au sommet d’une pente raide, à 15 km de la ville d’Abancay, je remarque quelque chose de différent au sujet de Paul et Adam. Ce sont des machines qui ont perdu un petit morceau de leur santé mentale. Dans les villes, nous sommes constamment attaqués par les chiens domestiques, au regard fixe et méchant, et nous n’avons aucun moyen de nous protéger, nous sommes totalement vulnérables à notre environnement. Cinq fois par jour, un chien court à nos trousses portant sa charge à pleines dents. Ceci est combiné avec des gens qui nous sifflent, nous pointent du doigt en criant "Gringos". Il est inévitable que nous allons perdre patience. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Paul aujourd’hui, il a crié plus fort que ses poumons ne le pouvaient « Je suis un putain de gringo putain, Yo Soy UN Gringo, regarde un gringo ! Ahhhh !!! » Il a continué à attirer l’attention en chassant le chien du voisin à coups de pied, en train de lui aboyer dessus. Quel miracle d’entrer dans la ville…

Abancay est juste à 200 km de notre plus grand objectif, la célèbre ville Inca de Cusco. Dans mon souvenir, la nourriture est notre second principal objectif. Notre régime alimentaire se compose désormais de 40% de frites, riz blanc et œufs, et de 60% de biscuits, tablettes de chocolat et pain tout plat. Aussitôt, à Cusco, nous nous sommes gavés de 3 dîners en 2 heures dans un café incroyable. Nous dépensons l’équivalent de 25 dollars par repas, ce qui est presque inimaginable au Pérou. Lorsque nous ne sommes pas occupés à mettre à jour nos blogs, nous balançons des ballons d’eau sur les touristes. Je filme Adam en train d’atteindre deux flics, puis en agitant sa main il fait le mec paniqué, tout en rigolant. Du balcon de notre auberge, avec le dernier des 200 ballons d’eau, Adam a failli se faire arrêter. Il a heurté la tête d’un gars tandis qu’on le prenait en photo. Il était chauve… L’homme argentin trapu nous a entendu éclater de rire comme des petites filles. Il a persisté pour nous trouver et est finalement entré dans l’auberge pour dérouiller Adam. Après avoir prévenu la police, ils l’ont escorté jusqu’à la salle. Il parlait, lentement mais avec colère, en appelant Adam « un petit enfant » et « un lâche qui se cache comme un petit garçon ». En tout cas, ce que je peux vous dire c’est que la photo prise, doit être incroyable.
3ème étape : Cusco – La Paz (Bolivie)
Nous nous sommes encore presque fait arrêter. Perdus dans les rues sales et boueuses de Cusco, nous nous aventurons dans les quartiers voisins où aucun gringo n’est jamais allé auparavant. Nous demandons "donde es la calle Afuera la ciudad ?" Où est la rue qui mène à l’extérieur de la ville ? Se trompant sur nos intentions et le mode de transport, les gens nous orientent vers la droite. Nous arrivons devant un mur de briques et nous trois passons par-dessus, étant regardés par un homme très inquiet. Accroupis dans l’herbe nous assistons à un atterrissage d’un Boeing 737, réalisant du même coup que nous sommes sur le tarmac de l’aéroport international de Cusco. A seulement 200 mètres du tarmac, il y a un autre mur de briques qui nous sépare de la route de Cusco. C’est le moment le plus excitant de ma vie. Faire du longboards sur un terrain d’atterrissage… Seulement, deux camions de ravitaillement viennent dans notre direction. Ils roulent lentement vers nous et il nous faut courir le plus vite possible pour ne pas avoir un dossier criminel international. Je dois dire que c’était une chose difficile à faire, remonter par-dessus la clôture, mais surtout parce que nos sacs étaient vraiment lourds.
4ème étape ; l’aventure continue
La partie la plus facile est terminée ! Nous allons maintenant faire face à la montée la plus difficile, du niveau de la mer au sommet de la montagne, il y a 4267 mètres. Centimètre par centimètre, nous skatons dans l’entrée de la Cordillère des Andes et devenons trempés quand il se met a pleuvoir des cordes. À haute altitude, nous nous battons contre notre manque d’oxygène.
Essayer de dormir pendant 15 heures dans nos tentes, c’est notre manière de survivre à la pluie. De plus, notre manque d’oxygène se révèle coûteux. En fait, on épuise nos ressources en eau et nos provisions alimentaires, du coup nous devons aller de l’avant, en cherchant à se rendre à la ville voisine.
Par : Aaron Enevoldsen
http://www.youtube.com/user/RayneChannel http://www.youtube.com/user/LoadedN...
OU
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http://www.raynelongboards.com http://www.loadedboards.com
Plus d’épisodes seront publiés périodiquement. Restez à l’écoute. Pour de plus amples renseignements au sujet de leurs aventures, y compris leur pillage en cours à travers le Maroc, visite : http://www.longtreksonskatedecks.com/


