Il paraît que le printemps est arrivé. Quiconque a observé le ciel parisien ces dernières semaines est autorisé à émettre quelques doutes à ce sujet. Mais les arbres sont redevenus verts, les températures remontent, scooters et autres véhicules à deux roues envahissent les rues. Pourquoi, alors, ne pas se joindre à eux et tenter la nouvelle expérience sportive parisienne : le Vélib ! C’est parti, donc, pour trois heures de pédalage dans les rues et avenues de la capitale avec, comme fil conducteur, les parcs et les jardins publics.
Point de départ : Station Vélib du Parc Montsouris, dans le 14e arrondissement. Pour rejoindre la première étape, le jardin du Luxembourg, il faut remonter le boulevard Raspail jusqu’au « Lion » de Denfert-Rochereau, traverser le terre-plein en tressautant sur les pavés –on se demande si le vélo ne va pas de disloquer- puis descendre le Boulevard St-Michel.
L’arrêt aux feux rouges donne l’occasion de tester ses capacités d’apnée : quand les voitures démarrent toutes en même temps, mieux vaut ne pas respirer pendant au moins trente secondes, au risque de voir ses poumons s’encrasser à vitesse éclair…
Une étape qui permet de se familiariser avec l’engin, un peu lourd mais qui possède une belle inertie. Une fois lancé, on est parti pour des kilomètres.
L’arrêt aux feux rouges donne l’occasion de tester ses capacités d’apnée : quand les voitures démarrent toutes en même temps, mieux vaut ne pas respirer pendant au moins trente secondes, au risque de voir ses poumons s’encrasser à vitesse éclair…
A part ce détail technique et écologique, la première étape se déroule à merveille. Au Luxembourg, il est temps de déposer le vélo : si la première demi-heure de location est gratuite, le tarif des suivantes grimpe de manière exponentielle : 1 euro la deuxième demi-heure, 2 euros la troisième, 4 euros la quatrième…
Deuxième étape : Luxembourg – Parc de Belleville (20e), en passant par les arènes de Lutèce et le Jardin des Plantes (5e).
L’occasion, une fois de plus, de vibrer sur les pavés de la place des Grands Hommes (devant le Panthéon) avant de s’enfoncer dans les ruelles du cinquième arrondissement.
Les arènes de Lutèce, vieilles de plus de 2000 ans, sont encerclées par les constructions modernes. On distingue encore les cages où étaient enfermés les fauves sauvages avant d’être jetés à l’assaut des gladiateurs. Au milieu du grand cercle de terre battue, les gamins du XXIe siècle jouent au foot…
Après une belle balade, à pied, dans les allées du Jardin des Plantes, où les arbres en fleur semblent passer un concours de beauté, il faut traverser la Seine en crue. La plupart des promenades sur berge sont sous l’eau.
En Vélib, c’est reparti, direction plein nord. Ca se corse. Rien à voir le franchissement d’un col alpin, mais le faux plat montant du boulevard Beaumarchais est interminable. Droite dans la rue animée et populaire Oberkampf, gauche rue Julien Lacroix. Le parc de Belleville offre un panorama original sur la ville, différent du panorama « touristique » de la butte du Sacré-Cœur, plus intimiste.
La redescente vers la Seine est une vraie partie de plaisir. On enfourche le vélo gris et c’est parti pour un quart d’heure de glisse sans mouliner. Un remake d’Easy Rider dans la rue Vieille du Temple…
Ce dimanche, les quais de Seine sont ouverts et réservés aux piétons et vélos. En longeant la rive gauche, on passe devant le Musée d’Orsay, l’Assemblée Nationale, le Musée du Quai Branly et bien sûr, la Tour Eiffel.
C’est le gros avantage du vélo à Paris : on voit la ville, le ciel, on sent le vent. Certes, parfois, on sent aussi les voitures qui vous frôlent d’un peu trop près. Un bon moyen de (re)découvrir la capitale !



