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Islande à vélo, entre volcans et glaciers

Islande à vélo, entre volcans et glaciers

Fév 12, 2016

Ils sont partis sur les pistes de l’île volcanique. Témoignage d’un périple humide et rafraîchissant…

D’où vous est venue l’idée de partir en Islande, à vélo, alors que d’autres partent en 4×4 ?

Nous avions tous deux envie de nature et de grands espaces, et d’aller nous confronter à une météo quelque peu capricieuse. Nous avons choisi de partir à la découverte de l’île à vélo, car c’est un moyen de voyager que l’on affectionne tout particulièrement. Il offre une grande liberté de mouvement et permet d’évoluer sur tous types de terrains. C’est également un bon moyen pour découvrir ses limites, surtout lorsque la météo n’est pas au beau fixe, et que nous roulons au beau milieu de rien sur un chemin à peine carrossable et qui n’en finit pas…

DSC_2572-02612Bien des fois en blaguant nous nous imaginions dans un de ces 4×4 que l’on croisait, confortablement installé, au chaud. Mais à vélo, on vit pleinement la route. On est au cœur même des paysages, à la merci de la pluie, du vent et de l’éclaircie qui vient nous surprendre entre deux averses. Même si de temps à autres la route était éprouvante, les décors dans lesquels nous roulions nous faisaient rapidement oublier cet inconfort, et nous oubliions nos pieds et nos mains engourdies par le froid et la pluie. Le vélo permet également de rencontrer la population locale, même s’il est vrai que l’Islande comporte une population très dispersée.

Qu’alliez-vous chercher là-bas ?

Un défi je pense, et l’idée d’en découdre avec la nature.

Quel était votre itinéraire ? Comment l’avez-vous pensé et construit ?

Nous sommes restés trois semaines en Islande et avons roulé un peu plus de deux semaines, soit près de 800 km, empruntant la plupart du temps les pistes de terre qui s’enfoncent dans l’île.

DSC_2704-d8a04Après avoir attendu nos vélos une petite journée à Reykjavik nous sommes partis sur la route n°1, celle qui fait le tour de l’île, jusqu’à la ville de Selfoss. Nous décidons ensuite de laisser l’asphalte pour prendre les pistes de terre et de cailloux qui sillonnent l’île traversant la campagne et les étendues plus désertiques au pied des volcans et des glaciers. Nous rejoindrons ainsi la région de Landmannalaugar, une des plus spectaculaires au centre de l’Islande, paysage tourmenté avec ses cratères rougeâtres, ses montagnes de rhyolite, ses vallons et ses champs de cendre qui côtoient des lacs d’un bleu profond. Cette région est l’une des plus spectaculaires de l’Islande.

Quelques jours plus tard, nous remonterons vers la ville d’Egilsstaðir, à l’est de l’Islande et rejoindrons ensuite le petit village de Seyðisfjörður situé au fond d’un fjord éponyme à l’est de l’île, encerclé par les montagnes sur trois cotés. De retour à Egilsstaðir, nous reprenons les pistes de cailloux et de sable en direction du volcan d’Askja, dans la partie centrale du Nord-Est des hauts plateaux d’Islande, au centre du massif de Dyngjufjöll, lui-même au centre du désert de lave d’Ódáðahraun (le désert des crimes). Askja est un système volcanique actif des Hauts Plateaux d’Islande. Il s’agit plus particulièrement d’une caldeira de 45 km2 contenant un lac de cratère : Öskjuvatn de 219 m de profondeur ce qui en fait le lac le plus profond d’Islande. Sa dernière éruption eu lieu en 1961.

Nous quittons le campement d’Askja par la piste F910 pour remonter vers le nord par la longue piste F88, fermée à cause de la fonte des neiges qui a inondé la piste un peu plus au nord du croisement. Les rangers du campement d’Askja nous avaient indiqué qu’il était possible tout de même de passer à vélo, mais qu’il nous fallait quitter la piste en la longeant sur quelques kilomètre sur un ancien terrain volcanique quelque peu accidenté. Ils nous avaient également indiqué qu’un groupe de cyclistes espagnols étaient passé quelques jours auparavant. Nous avons effectivement trouvé quelques traces de pneus de nos amis espagnols qui nous ont bien aidé et nous ont permis de retrouvé la piste deux bonnes heures plus tard, après avoir porté quelques fois les vélos pour ne pas les endommager.

Après plus de 60 km en quasi ligne droite depuis le dernier croisement, nous retrouvons enfin la route numéro 1 au nord de l’île. Une fois l’asphalte retrouvée nous nous pensions sortis d’affaires, mais il nous restait encore une trentaine de kilomètres avec un vent de face avant un bivouac bien mérité au bord du lac de Mývatn. Après un peu de repos nous atteindrons la ville d’Akureyri sur les bords du fjord Eyjafjörður, le plus long du centre nord de l’île.

Quelles étaient les meilleures surprises, rencontres ? Des anecdotes, des histoires ?

Nous y avons trouvé de somptueux paysages : de vastes étendues aux couleurs changeantes, des volcans de sable noir, des déserts de cailloux, … Avant de quitter la ville de Selfoss nous avons fait la connaissance de Christian, un cycliste français qui n’en était pas à son premier voyage sur l’île. Christian venait de faire quelques courses de vivres en prévision des jours à venir. Cette île, il l’aimait beaucoup. Ce “vieux loup” était complètement amoureux de cette terre et revenait pédaler de nouveau seul pour découvrir quelques endroits qu’il ne connaissait pas encore ou peu. Il était lourdement équipé, mais ça ne lui faisait pas peur. Son vélo devait peser le poids d’un âne mort. Il était amateur de photographies et transportait avec lui tout un attirail. Un soir, alors que nous arrivions à Landmannalaugar, après une grosse journée de route sur des chemins défoncés et sablonneux, nous avons retrouvé Christian, et avons repris la route le lendemain ensemble en direction d’Holaskjol.

IMG_1907-f1b03Sur nos derniers kilomètres, et par une journée de pluie battante, nous avons fait la rencontre de Fritz, un cycliste suisse allemand, d’une bonne soixantaine d’années qui faisait le tour de l’île par la route n°1. Il venait de parcourir 90 km, était mouillé jusqu’à l’os, mais son sourire était resté intact.

Nous avons passé la soirée ensemble, dans un petit hôtel investi par d’autres cyclistes mouillés eux aussi, à discuter du bonheur de voyager à vélo, de quelques anecdotes vécues sur les routes du monde. Nous avons été très impressionnés par ce vieux baroudeur. Il en avait vu des choses, Fritz, durant toutes ces années, mais il ne cessait de s’émerveiller.

Comment revient-on d’un tel périple ?A-t-on réellement envie de revenir ?

DSC_2649-d0629Nous sommes revenus amaigris mais heureux et des images plein la tête. Surtout, nous n’étions pas peu fiers d’avoir bravé le vent et la pluie qui nous ont souvent accompagnés sur les chemins de l’île. Voyager à vélo n’est jamais de tout repos, mais voyager en vélo en Islande l’est encore moins.

Nous étions tout de même heureux de revenir. Avant de nous envoler pour la France nous avons arpenté la rue centrale de Reykjavik au milieu des flots de gens, tous ceux que nous n’avons jamais croisé durant nos trois semaines de voyages. C’était presque irréel, oubliant ainsi nos grandes pistes de terres qui n’en finissaient pas au milieu de ces immenses étendues de roches et de lave. L’Islande est véritablement un pays de contrastes.

Nous sommes partis avec un vélo de cyclotourisme conçu pour les voyages au long cours. Notre vélo était équipé de 5 sacoches totalement étanches (deux à l’avant, trois à l’arrière et une petite sacoche de guidon), indispensable pour une telle destination. Nous transportions sur notre vélo tout le matériel nécessaire pour camper et cuisiner et ainsi être autonome sur les longues pistes. A ce sujet, il est important de bien se renseigner sur les lieux de ravitaillement possibles (épiceries, stations essence, …) car les distances sont souvent très importantes entre deux villes et que toutes ne disposent pas d’une épicerie digne de ce nom.

En ce qui concerne l’hébergement, l’île offre un vaste choix de campings ou aires naturels, auberges, hôtels pour tous les budgets. La majorité des campings dispose d’abris du type salles hors sac très confortables après une journée de vélo un peu humide…

Nous avions, avant de partir, fait le choix de pneumatiques résistantes puisque nous souhaitions emprunter principalement les pistes caillouteuses. Même si nous avons eu quelques jours de soleil et atteint la barre des 15°C sur nos trois semaines de voyages, nous avons d’avantage porter des vêtements chauds et imperméables (veste et pantalon Gore-Tex, bonnet, gants, polaires, …). J’ai d’ailleurs découvert l’utilité du pantalon imperméable en Islande…

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