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Sri Lanka, entre mer et montagne

Sri Lanka, entre mer et montagne

Mar 6, 2016

Comme Marco Polo a pu le relater dans certains de ses récits, la petite île Sri Lankaise offre une richesse de paysages étonnante. Nous nous arrêterons sur cinq sites, entre mer et montagne, qui ont touché nos sens et séduit notre âme de voyageur.

Mi-août, après avoir quitté la ville de Tissamaharama au petit matin, au sud est de l’île et à quelques kilomètres du grand Parc national de Yala, c’est par le bus que mon ami et moi-même rejoignons Haputale, à 1580 mètres d’altitude. A noter : s’il y a bien une chose à laquelle il faut s’habituer au Sri Lanka, ce sont les longues heures de trajets pour de courtes distances. Concrètement, pour effectuer 60 kilomètres, il nous a fallu rouler plus de quatre heures. A travers les vitres du bus qui amorce les premiers virages montagneux, on peut en revanche apprécier la végétation luxuriante qui borde la route et s’étonner de l’apparence sculpturale de certains troncs d’arbres. Les fleurs colorent cette toile verte en la ponctuant de leurs tonalités pigmentées. Côté climat, l’air se rafraîchit, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

sri-lankaA l’heure du déjeuner, nous voilà arrivés à Haputale. Comme suspendue au ciel, la ville se résume à une rue principale accrochée sur une longue crête étroite, connectée à quelques ruelles défraîchies. Les commerces animent l’ensemble à l’aspect poussiéreux. Mais on le sent, Haputale est en devenir. En témoignent les nombreuses grues et chantiers perchés à flanc de montagne. Hôtels et autres guest-house s’implantent. Haputale a pour ambition d’être la nouvelle Ella, ville voisine très prisée par les touristes. C’est d’ailleurs dans un hôtel en construction que nous logerons. Le bâtiment principal est complet, l’hôtelier nous accompagne alors dans une annexe dont le deuxième étage est encore nu de tout mur. Un problème ? Pas un seul instant : au premier étage il y a de l’électricité et de l’eau, c’est semble-t-il le principal. Vers 13h30, la brume tombe en l’espace de quelques minutes. Car même en plein paysage tropical, la montagne a ses propres règles auxquelles nous devons nous soumettre. On remet donc à plus tard notre première escapade dans les plantations de thé et admirons ce voile blanc épais qui se couche sur un panorama à couper le souffle. Une heure plus tard, la brume se lève aussi vite qu’elle est apparue et nous laisse alors le champ libre pour investir les chemins rocailleux pleins de promesses. Au fil de notre marche, les versants s’enchaînent et révèlent de nouvelles perspectives : potagers, petits villages sommaires, villes en hauteur, champs de thé, le spectacle est tout simplement magique.

2Nous croisons des cueilleuses, suivies de très près par leur contremaître qui n’a pas l’air commode. Pieds nus ou en tongs, ces femmes menues affichent sur leur visage des heures de dur labeur. Pourtant, à notre arrivée, elles ne peuvent s’empêcher de nous sourire et de dévoiler une beauté qui échapperait, hélas, totalement aux canons occidentaux. Aidées de leur longue tige de bambou, c’est à la main qu’elles cueillent les milliers de feuilles qui les entourent pour les déposer dans de grands sacs qu’elles portent sur leur dos. Groupées ou éparpillées, ces femmes semblent démesurément si petites à côté de la tâche qu’elles doivent accomplir dans ces plantations. Même la fine pluie qui vient de tomber n’a pas l’air de les décourager.

Après avoir dépassé quatre ou cinq versants, nous revenons sur nos pas. Outre cette chaleur humide, le contraste des couleurs qui nous entoure est saisissant : entre le ciel gris, les champs verts et les chemins aux tonalités ocres, cette première découverte des plantations de thé a tenu ses promesses.

Le lendemain, cap sur la voie de chemin de fer ! Il est 10 heures du matin passés, et le soleil tape déjà très fort. En parallèle des rails, un marché de fortune s’est installé sur la route. Marchands de fruits et légumes se mêlent aux vendeurs d’ustensiles en tout genre pour finalement disparaître au fur et à mesure que nous nous éloignons du cœur d’Haputale. L’attrait de la nature reprend alors le pas et c’est avec enchantement que nous percevons une nouvelle façon de découvrir de généreux paysages vallonnés. Pas un touriste, nous ne croisons que des locaux qui nous saluent toujours de la façon la plus aimable. Nous passons devant des familles qui travaillent dans, semble t-il, des plantations privées. D’autres profitent d’un cours d’eau pour laver leur linge ou faire leur toilette. Premier grand moment : le train qui passe. Le retentissement qu’il émet pour prévenir de son passage a quelque chose d’unique. Et quel charme, cette fumée qui sort en tête de wagon. Visiblement, nous retenons l’attention des passagers qui nous lancent des « hello » enthousiasmés en pagaille.

Deuxième grand moment : la traversée du pont en fer suspendu… flanqué d’un nid de guêpes. Aujourd’hui, ce pont laisse à la fois une impression d’excitation et d’appréhension assez troublante mais qu’on refranchirait mille fois s’il se représentait à nous. Tandis que le soleil brûle notre peau, traversant aisément la pellicule de crème solaire d’indice 50, nous nous retranchons quelques minutes sous de rares zones d’ombre. Le temps de voir passer un enfant portant sur sa tête un tas de bouts de bois. Il nous rappelle l’homme qui portait sur son dos un important tas de feuillages, lui retirant ainsi de loin tout semblant d’humanité.

Qu’il est bon se sentir seul au monde et d’avoir le sentiment que ce dernier vous appartient. Pendant plus d’une heure nous marchons sans croiser personne, sans voir la moindre habitation, traversant des tunnels qui nous gratifient de quelques degrés moins rudes. Certains coups de feu retentissent. L’école militaire de Diyatalawa n’est pas loin. Les plantations de thé sont à présent loin derrière nous, et c’est à une forêt de sapins juchée sur une zone très pentue que nous avons affaire. C’est impressionnant ce précipice, mais pas autant que ce groupes d’hommes qui travaillent sur la voie à mains nues, sans casque, en tongs sous un soleil de plomb. Après plus de quatre heures de marche et environ 10 kilomètres, nous voilà à Bandarawela (30 minutes en train). C’est en bus que nous regagnerons Haputale.

Trois plages ont marqué notre voyage au Sri Lanka. Commençons de façon chronologique par la première : celle de Mirissa, au sud de l’île. Le village se résume à une route bordée de petits commerces. On peut facilement constater que le lieu est un repère de touristes aux vues des différentes crèmes solaires et autres hydratants pour coups de soleil. Concernant la plage, il y a pour ainsi dire deux camps : une partie de la côte où sont implantés deux ou trois petits « resorts » discrets, à des tarifs encore très abordables, qui ne donnent pas sur une plage de sable mais plutôt sur des rochers où viennent s’éclater les vagues. Ici, pas de baignade mais du farniente dans les hamacs installés à cet effet, à l’ombre des nombreux cocotiers.

De l’autre côté en revanche, c’est le sable fin noyé par un camp de transats et de leurs touristes en quête de bronzing, de cocktails à savourer sur la terrasse de leur bungalow installé à deux mètres de la mer. La mer justement, on s’y baigne allègrement. L’avantage : pouvoir se jeter dans les rouleaux des vagues sans grand danger en ayant toujours pied. Les quelques surfers préfèrent-ils sans doute la « douceur » de ces vagues à la rudesse de celles d’Arugam Bay, sur la côte Est du Sri Lanka, spot reconnu par les professionnels de la vague. Après 10h du matin plus une zone d’ombre sur la plage et ce jusqu’au coucher du soleil.

Au milieu, un rocher ocre, aménagé d’un escalier en bois donne sur un spectacle aquatique de toute beauté. La chevauchée des vagues à l’assaut des rochers vient se fendre sur les pierres pour s’évanouir en une écume lactée. On profite alors de l’embrun qui vient se déposer sur nos visages. A noter : les quelques piquets en bois pour les pêcheurs ne sont là que pour le folklore. Ne vous attendez pas à les voir en pleine partie de pêche comme dans certains guides…

On part ensuite pour la côte Nord-Est et la plage de Nilaveli. A une dizaine de kilomètres de Trincomalee, cité qui s’étend sur l’un des plus beaux ports naturels du monde, Nilavli offre aux touristes une plage calme, au climat changeant. Quatre guest-house présentent une infrastructure touristique, dont deux qui proposent des excursions en bateau dédiées au snorkeling vers Pigeon Island, petite île déserte au large de Nilavli. Pour le reste, l’assurance de journées paisibles sous un soleil de plomb est plus que confirmée. La guest-house dans laquelle nous avons séjourné offre une piscine sur la plage. Le conseil : si une pluie diluvienne s’abat sur vous, ne courez pas vers votre chambre mais plutôt vers la piscine chauffée par le soleil ! Expérience unique à vivre. A Nilaveli, on vit avec les chiens sauvages, on admire la précision des pêcheurs, on donne un coup de main à ceux qui remontent de la mer un long filet de pêche, on court après les vaches qui mangent vos affaires sur la plage, on reste dubitatif devant les locaux qui se baignent habillés, les uns collés aux autres, on découvre au loin une plage déserte, plus sauvage où l’on ressent encore le passage du tsunami de 2004, et on croise les militaires qui reviennent des postes de contrôle ou du camp installé au milieu de la plage.

Après quelques jours à Nilaveli, on traverse le pays en diagonale pour rejoindre Bentota, station balnéaire très fréquentée sur la côte sud-ouest. Entre la plage et les hôtels de luxe : la voie de chemin de fer. Il est d’ailleurs plus qu’étonnant que de prendre son petit déjeuner avec vue sur la mer… et sur le train qui passe à une vingtaine de mètres de soi. Par contre, nous n’avons vu personne se baigner. Les vagues et les rochers peu engageants semblent freiner toute envie. Le Wunderbar hotel, en plus de proposer un cadre tout confort (climatisation, piscine avec transats et matelas, télévision, Internet, service de chambre, etc…) invite les touristes à participer à la réhabilitation des tortues de mer via le Sea Turtle Project. Une démarche qui plaira aux amoureux de la nature et aux plus curieux : relâcher les bébés tortues à la mer en pleine nuit reste un moment à la fois plein d’émotions et de sens.

D’autres étapes restent des passages obligatoires (rocher de Sirigiya, Kandy, Galle…) pour tenter de percevoir les multiples facettes du Sri Lanka. Les plages et la montagne, pour leur part, révèlent une autre authenticité.

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