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Népal : Tour des Annapurna

Népal : Tour des Annapurna

Fév 28, 2016

Après les rues animées de la capitale népalaise, place aux longues vallées glaciaires et aux sommets de plus de 8000 mètres d’altitude. C’est de la ville de Pokhara, à 200 km à l’ouest de Katmandou, que partent la plupart des sentiers du Tour des Annapurna, trek aux milliers de marches d’escaliers. Balade dans des paysages à couper le souffle.

Pokhara : départ du trek

Le trek dure douze jours. Douze jours pendant lesquels la végétation et le paysage évoluent très vite. En moins de deux semaines, c’est un panel climatique, un festival d’écosystèmes que traverse le long ruban tracé par les chemins de pierres.De la vallée de Pokhara à la haute vallée de Jomsom, vallées luxuriantes et peuplées de grands singes blancs, contreforts d’une des plus hautes montagnes du monde, l’Annapurna I, jungles de rhododendrons, vallées désertiques.

258402Comment rejoindre Pokhara, départ du trek ? En avion. Pas le choix : la piste, qui relie Katmandou à Pokhara en huit heures, est bloquée. De Pokhara, la route suit un moment le lac glaciaire avant de s’orienter plein nord. Elle est désespérément vide. En temps normal de gros bus colorés foncent à toute vitesse sur le bitume fatigué, transportant touristes et population locales.

Aujourd’hui, point de touristes, juste les locaux qui, comme nous, se déplacent à pied, certains avec leur troupeau de vaches, d’autres sans rien. Les femmes ont toutes une ombrelle de couleur pour se protéger du soleil. Cinq heures de marche jusqu’à Phedi, début du trek.

Le guide, Tikka, et les porteurs, Tulashi, Bhakta et les autres, se pressent chaque soir, dès notre arrivée dans les lodges desvillages, autour d’une petite radio rafistolée et tentent de capter la fréquence, en orientant l’antenne, à bout de bras, dans tous les sens. Silence. Par moments, ça capte. La plupart du temps, non. Ils commentent l’actualité politique. La situation évolue à toute allure. Les manifestations se seraient, paraît-il, arrêtées.

De Phedi à Landruk, les cultures en terrasse se succèdent. C’est la saison des plantations de blé et de maïs dans les petites parcelles de terre. Les femmes transportent sur leur dos des dizaines de kilos d’engrais, bouses de vaches et crottins de cheval, qu’elles disposent en tas dans les champs. Les chemins sont construits et entretenus par les femmes qui placent, une par une, les dizaines de milliers de pierres plates qui les composent.

Les chemins de pierre sont, dans les vallées, les plus grands axes de communication. On y croise les porteurs qui transportent, sur leurs dos et soutenus par une lanière portée sur le front, de gigantesques jerrycans d’eau ;des trains de mules chargés de denrées alimentaires ; le matin et en fin d’après-midi, des écoliers, filles et garçons, se rendant à l’école la plus proche. Certains marchent plus d’une heure par trajet. Tous ces chemins qu’empruntent les marcheurs européens sont en quelque sorte les liens de vie qui unissent les villages entre eux.

Des chemins pour les trekkeurs

D’autres chemins, comme celui qui mène en direction du sanctuaire des Annapurna, ont été, par contre, construits uniquement pour les trekkeurs. Il est en effet impossible de cultiver quoi que ce soit à des altitudes trop élevées, et les habitants n’ont nul besoin d’accéder à des vallées où les conditions sont trop rudes en hiver. Ces sentiers, plus étroits mais tout aussi praticables, sont le résultat des premières expéditions en haute montagne, comme l’expédition de Maurice Herzog dans les années 50. Au camp de base des Annapurna, à plus de 4000 mètres d’altitude, la végétation a disparue. Les bruits de chute de pierres envahissent l’espace.

Au-dessus des têtes, les sommets de l’Annapurna I, (8091 m) et la montagne sacrée du Machapucchre (6993 m) paraissent à portée de semelles et de piolets. Mais comparativement, c’est comme si nous contemplions le Mont-Blanc (4808 m), les pieds au niveau de la mer !

Nous demandons le nom d’une montagne, au cœur du sanctuaire, à l’un des tenanciers du camp de base du Machapucchre.  » Cette montagne ? Elle n »a pas de nom, nous répond-t-il dans un sourire. S »il fallait donner un nom à toutes les montagnes de moins de 6000 mètres, on ne s »en sortirait pas ! »

De la zone de haute montagne, il faut redescendre dans la vallée et traverser une jungle pour arriver dans la région deTadapani. Une jungle remplie de sangsues, une forêt primaire de rhododendrons géants qui dépassent 15 mètres de haut. Les marches nous mènent ensuite à Ghorepani, plus grand village des environs, pour retomber dans la vallée de la Kali Gandaki, rivière que nous traversons plusieurs fois sur d’étroits ponts de métal, en remontant vers le nord, en direction du royaume du Mustang. Une fois de plus, la topographie du terrain offre un nouveau visage. La vallée glaciaire devient de plus en plus large.

Les travailleurs de l’ombre

Des millions de tonnes de sédiments, drainés par les anciens glaciers et lissés par la rivière actuelle, forment une surface plane en fond de vallée, que le sentier suit en pente douce.A partir du petit village de Ghasa, nous croisons de grands groupes de travailleurs, hommes et femmes, armés de barre à mines, pelles, pioches, leviers. Ils construisent la future route commerciale qui reliera la Chine à l’Inde !

La vallée aride de Jomsom

Plus on monte vers le nord et plus la végétation se raréfie. Le vent du nord devient de plus en plus violent : nous sommes entrés dans la vallée aride de Jomsom, dernier grand village sur la route de Muktinath, haut lieu de pèlerinage bouddhiste. La chaîne des Annapurna forme une barrière aux nuages qui montent du sud-est.

Dans cette partie de la vallée, barrée au nord-ouest par le majestueux Dhaulagiri (8127 m), les précipitations sont très faibles et les vents violents. Les drapeaux de prières flottent à l’horizontal la plupart du temps. C’est ici que se termine le parcours. D’ici, il faut prendre un avion et repartir, en frôlant les montagnes, vers Katmandou. Pendant notre marche, le roi Gyanendra a du abandonner ses pouvoirs, et c’est dans une capitale qui a retrouvé sa circulation et ses commerces, que nous atterrissons.

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