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Yellowstone – Une terre qui fume

Yellowstone – Une terre qui fume

Fév 22, 2016

Voyage dans les terres qui fument

On ne quitte pas la Vallée de la Mort par le simple fait de s’en éloigner physiquement. Le panneau poussiéreux « Death Valley » a beau disparaître, peu à peu, dans le rétroviseur, l’esprit garde en mémoire le mode de perception du monde désertique : il faut un temps d’adaptation avant que le regard ne parvienne à se poser de nouveau sur les objets proches : les yeux cherchent inévitablement une ligne d’horizon, un point distant sur lequel se fixer.

Acheter un simple paquet de chips dans un « roadside drugstore » relève alors d’une des meilleures scènes du film hallucinatoire « Las Vegas Parano » : faire la mise au point sur la petite étiquette jaune « 1,50$ » demande un effort considérable. La traversée des étendues désertiques du Nevada et du désert de sel de l’Utah fait durer cette sensation étrange.

yellowstoneCe n’est qu’au sein des forêts qui bordent la large Snake River, dans l’Idaho, que la vue reprend ses marques. Droit devant s’ouvre le territoire des Montagnes Rocheuses. Au cours des deux jours de conduite, l’esprit s’est préparé à la rencontre avec le plus vieux parc national au monde : le parc de Yellowstone. Le plus vieux, et le plus grand des 48 Etats contigus : niché dans le coin nord-ouest de l’Etat du Wyoming, à cheval sur la ligne de partage des eaux qui sépare le bassin versant Pacifique de celui du Golfe du Mexique, le parc s’étale sur une surface de près de 9000 km². Seuls les parcs nationaux d’Alaska sont plus vastes.

Passée l’entrée ouest du parc, les phénomènes géothermiques apparaissent : de part et d’autre de la route, la prairie fume. Du sol herbeux, bruni à l’approche de l’hiver, s’élèvent des panaches de vapeur rabattus par le vent. Sur les caillebotis de bois, les visiteurs se massent pour apercevoir les trous béants, remplis d’eau bouillante et transparente, qui s’enfoncent dans les entrailles de la terre. Plus au sud, c’est la cohue sur le parking du geyser Old Faithful : attraction « number one » du parc, il entre en éruption à intervalles réguliers, libérant à plus de 40 mètres de hauteur ses eaux sous pression. Plus loin encore, des bulles de gaz explosent à la surface des vasques de boue du « Mud Volcano ».

Fumerolles, geysers, sources chaudes, la bande de bitume qui serpente à l’intérieur du parc relie entre elles nombre de curiosités géothermales. Yellowstone contient en effet plus de 62% du total des geysers et des sources chaudes de la planète. Malheureusement pour les premiers explorateurs, ces phénomènes naturels étaient trop extraordinaires pour être pris au sérieux : John Colter, membre de l’expédition de Lewis et Clark, fut le premier à rapporter la description d’une « région de soufre et de feu ». Il fut considéré comme délirant. Pendant les quarante années qui suivirent, les trappeurs évoquèrent « les eaux bouillonnantes » et « les montagnes qui fument ». Sans succès.

La première expédition d’importance, menée en 1859 par l’explorateur Hayden, dut rebrousser chemin en raison d’importantes chutes de neige. Il fallut attendre la fin de la guerre de Sécession (1861-1865) et l’expédition Folsom de 1869 pour qu’une description détaillée de la région, documentée grâce aux tirages photographiques de William H. Jackson, ne soit officialisée. Trois ans plus tard, le Président Ulysses Grant signait l’acte de création du Parc National.

Un « supervolcan » bout sous la surface

Pourquoi supervolcan ? Parce que ses éruptions dépassent de loin la puissance des volcans « classiques ». La dernière explosion majeure, survenue 640 000 ans avant notre ère, recouvrit de cendres tout l’ouest du continent nord-américain jusqu’aux rives du Pacifique. Le sud du Canada et le nord du Mexique furent aussi touchés. Après le cataclysme, 1000 fois plus puissant que l’explosion du mont Saint Helens en 1980, une caldeira de 45 km de largeur sur 70 km de longueur se forma. Elle est aujourd’hui difficilement détectable, même lors d’un survol du parc en avion : la lave des éruptions qui suivirent noya la caldeira sous des milliers de tonnes de roche.

Les récents événements l’ont encore confirmé, le magma frémit sous Yellowstone : alors que le sol à l’aplomb de la chambre magmatique s’élevait de 2 à 3 centimètres par an entre 1923 et 2004, le mouvement vertical s’est accéléré et atteint 7 centimètres par an depuis 2004. De quoi alerter les habitants des villages qui jouxtent le parc. Mais les scientifiques sont formels, l’activité sismique est normale et le volcan ne devrait pas exploser avant quelques milliers d’années…

Le parc national des Grand Teton, voisin mal connu de Yellowstone

Directement au sud du parc de Yellowstone, le parc des Grand Teton est à la montagne ce que Yellowstone est au volcanisme : un paradis. Contrairement à son voisin au relief peu prononcé et dominé par les grandes plaines, Grand Teton s’étire en hauteur : le sommet culmine à 4198 mètres d’altitude, surplombant une large vallée glaciaire où serpente la Snake River.

Situées sur une ligne de faille, les montagnes jaillissent de la plaine, qui, elle, s’enfonce progressivement. Comme à Yellowstone, la vie animale et végétale y est très riche : au détour des nombreuses promenades, on peut avoir la chance d’observer des ours noirs, des élans, des biches et cerfs de Roosevelt, des antilopes américaines (pronghorns), des ratons-laveurs, des castors, et, bien sûr, des bisons.

Dans les environs

Buffalo Bill Historical Center. Cinq musées sous un même toit, proche du centre de Cody : le musée Buffalo Bill examine la vie privée et publique de Bill Cody, personnage controversé, à la lumière du mythe de l’ouest américain.

La galerie d’art de l’ouest “Whitney” présente les peintures, sculptures qui ont façonné l’image de l’Ouest américain. Le musée des Indiens des Plaines retrace l’histoire des nations indiennes Arapaho, Crow, Cheyenne, Kiowa, Comanche, Blackfeet, Sioux, Gros Ventre, Shoshone et Pawnee. Le musée des armes à feu referme, elle, la preuve matérielle de la violence de l’ouest américain.

Enfin, le musée d’histoire naturelle Draper dresse le portrait du Grand Ecosystème de Yellowstone, en y intégrant la présence humaine et ses multiples conséquences. Site internet : http://www.bbhc.org

Rodéo de Cody

A 1h30 de la sortie Est du parc de Yellowstone, Cody étale ses rues monotones dans un décor de western. A l’entrée de la ville, immanquable, l’immense sigle « Cody, Wyoming, Rodeo Capital of the World » invite les locaux comme les touristes à passer deux heures en compagnie des « nouveaux cowboys » : plus vraiment garçons vachers, mais véritables accrocs à ce sport populaire. Rodéo sur chevaux, taureaux, lancer de lasso, tout y est…

Site internet : www.codystampederodeo.com

Jackson

Station de sport d’hiver très huppée, au sud du Parc de Grand Teton, seule ville d’importance facilement accessible. Son bar mythique, le « Million Dollar Cowboy Bar », est toujours plein. Les galeries d’art et les nombreux musées méritent eux aussi une visite.

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